vendredi 29 avril 2011

Día 1 : Logroño-Navarrete, 12 km

Pour ce Vrai Chemin et devant cette urne sentinelle, se prosternait le pélerin sur sa route vers Saint-Jacques de Compostelle.

Première des trois étapes que je me suis fixées pour ces trois jours jusqu'à Santo Domingo. Et une plutôt bonne journée !

J'ai quitté l'appart' peu après 9h, direction El puente de piedra et el punto de información del peregrino où j'ai obtenu mon premier cachet. Le chemin peut commencer !

Un chemin qui commence par la traversée de Logroño. D'abord, el casco antiguo et puis le long de longues avenues. Si le casco antiguo est plutôt agréable, les avenues le sont moins. On se sent vraiment en "ville".
Premières angoisses aussi...Au moment de traverser la Gran Vía. Après, c'est par où ? A gauche ou à droite ? Et mon plan qui se trouve dans le sac... Mais à peine arrivée au bout du passage clouté, voilà déjà une coquille jaune qui m'indique la direction à prendre. C'est à droite. Ce ne sera pas ma première hésitation de la journée sur le chemin à suivre mais il est généralement bien signalé et les doutes ne sont que de courte durée.

Le lac du Parque de la Grajera
Je sors maintenant de Logroño en traversant un petit parc urbain et ensuite direction el parque de la Grajera. Une partie bien agréable du chemin prévue pour les promeneurs et cyclistes, qui sont d'ailleurs légions sur ce tronçon. Beaucoup d'entre eux me souhaiteront d'ailleurs un Buen camino ! Même si je n'ai pas encore la concha accroché à mon sac, il est clair que je suis sur le chemin de Saint-Jacques !

Première mauvaise surprise ensuite, alors que je m'apprête à prendre une photo : mon appareil m'indique que les piles sont presque plates. Et pourtant, je les avais rechargées la veille ! Tout au long du chemin, je ferai plusieurs photos des magnifiques paysages de La Rioja, entre vignes et montagnes, rusant avec mon appareil photo.

Un début de parcours bien agréable donc à l'approche, dans et à la sortie du parc. Première ébauche de discussion aussi, avec un couple d'allemands lors d'une pause dans un abri (trois murs, un toit et deux bancs), eux aussi sur le chemin.
Quel plaisir de se retrouver en pleine nature ! Les odeurs de pins, des fleurs, de la terre... Toutes ces odeurs dont la ville est dépourvue et que je redécouvre.

Petite scène au bord du lac de la Grajera : une famille qui pêche, sans doute depuis tôt ce matin, et déjà huit poissons alignés sur le muret. Encore vivants, on les voit ouvrir et fermer la bouche, parfois une goutte de sang perlant sur celle-ci.

Après ce parc, changement de décor : on quitte la "forêt" artificielle et bien rangée pour les vignobles et une succesion de côtes. Je profite des paysages, ahanant de temps à autre sous le poids de mon sac à dos.
En arrivant au bout de ces côtes, au point où l'on surplombe et longe l'autoroute, je me sens un peu découragée. La fatigue commence à se faire sentir, cela fait deux heures que je marche. Mais tout est oublié, effacé en passant près d'un panneau où plusieurs pélerins ont laissé des messages d'encouragement. Et parmi eux, El Voluntario et un autre ami français. Le nom de ces amis et de bons souvenirs me reviennent. Ainsi que le sourire et la force de continuer. Allez, la route ne doit plus être bien longue...
Inscriptions de différents pélerins
Ce tronçon le long de l'autoroute est loin d'être agréable... D'autant plus qu'au bout de quelques centaines de mètres, on pert de la hauteur et on finit par la longer vraiment sans le grillage qui nous protégeait jusque là. Et un peu plus loin, il nous faut même traverser une route nationale. Peu de circulation heureusement. 

Les ruines de San Juan de Acre

De l'autre côté, un petit chemin de terre nous conduit jusqu'à l'entrée de Navarrete, que l'on aperçoit au loin. Si j'en crois les panneaux, plus qu'un km !
Juste avant d'entrer dans Navarrete, je passe à côté des ruines de l'ancien hôpital et auberge de pélerins de San Juan de Acre...et à sa suite, une belle côte (ouille) suivie d'une volée de marches, le moment le plus dur de la journée pour ma part.  
Et dix minutes plus tard, j'arrive au bar juxtant l'auberge, pas encore ouverte. Je m'installe à l'intérieur, les terrasses étant déjà pleines et commande un coca, histoire de récupérer. Il est 12h30, il me reste une heure et demie à attendre avant l'ouverture de l'auberge. Un peu avant 14h, je commande mon diner, arroz a la cubana (riz à la sauce tomate avec un oeuf sur le plat) et fait tamponner ma credencial.

14h20. Je me dirige vers l'auberge. Remplis les formalités : nom, prénom, nationalité, NIE, ville de départ. Paie les 5 euros pour la nuit et me dirige vers la chambre et le lit qui m'ont été attribués. Une chambre de quatre lits superposés et un normal (le mien) que je partagerai donc avec huit autres personnes ! L'endroit n'est pas mal, nous disposons d'une salle de bains (deux wc, deux lavabos et deux douches pour la chambre). Seul petit hic : c'est mixte. Mais il suffit de s'organiser un peu. De lujo, comme l'a dit l'une de mes compagnes de chambre.
Je découvre alors que l'auberge est aussi équipée d'une cuisine et que l'on peut donc l'utiliser.

Statue à proximité de l'église de Navarette
Statue d'une femme allant chercher de l'eau à la fontaine devant celle-ci, face à l'église


Il est maintenant près de 15h et j'accompagne l'une des hospitaleros, tous volontaires, à la seule supérette ouverte en ce jour férié. Mais il est fermé et rouvrira d'ici 16h-16h30.
J'en profite donc pour faire un petit tour dans la ville. Une jolie petite église, de chouettes petits coins, je tombe sous le charme. Une petite ville qu'il vaut la peine de voir même si on en a vite fait le tour...

L'église de Navarrete vue de la rue
L'entrée de l'église de Navarrete





Jusqu'à présent le chemin ne m'a pas paru bien difficile. Seuls me font mal le haut du dos et le deuxième orteil de chaque pied, que j'ai plus long. Pour le reste, je ressens quelques tiraillements dans les cuisses mais sans plus...on verra demain matin !
Par contre, après la douche, je me suis rendue compte d'une légère blessure au deuxième orteil du pied droit. Le bout est mauve-brun, comme si j'avais saigné sous la peau. Rien de bien grave à mon avis, un sparadrap demain et ça ira !

Quant à la solitude sur le chemin, je ne l'ai pas vraiment ressentie. Il est vrai que cette première partie, traversant un parc assez fréquenté, j'y ai croisé pas mal de monde : pélerins, simples promeneurs et cyclistes. Ce fut cependant un peu différent à la sortie du parc. Perdue entre les vignobles.
Bizarrement aussi, tout au long du chemin, le sourire m'est venu aux lèvres régulièrement. Les paysages magnifiques, les buen camino venant d'inconnus, des moments où l'on se sent bien... Peut-être aussi la sécrétion d'endorphines suite à la marche.

Par chance, le temps fut aussi de la partie. Malgrè un ciel couvert et quelques de pluie de temps à autre, pas de vraies averses. Temps nuageux et quelques éclaircies, une météo presque parfaite pour cette première journée.

Après mon petit tour dans la ville, je suis repassée dans la chambre. Des vêtements et essuies un peu partout, sur les montants des lits principalement. La nuit ne va pas être évidente.

Le reste de la soirée, je la passerai dans la cuisine. Diner d'un sandwich préparé le matin même et discussion avec les autres pélerins. Je discuterai entre autres avec une mexicaine, sur le chemin avec sa fille, allemande.
Par contre la nuit ce sera difficile... L'un de mes compagnons de chambre ronfle bruyamment. Des jeunes qui se réunissent presque sous notre fenêtre et les premiers départs vers 6h du matin...

A suivre...
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